Contemplation – Action

Nous avons la méchante manie d’opposer sans cesse les thèmes, sans doute de beaux restes de la thèse et de l’antithèse qui furent à la genèse de nos belles dissertations de philo.

Dans l’Evangile, Marthe vient se plaindre auprès de Jésus de l’attitude de sa sœur, toute à l’écoute des paroles du Seigneur mais qui, pendant ce temps, oublie l’essentiel : œuvrer à la bonne marche de l’intendance.

Seigneur, cela ne te fait rien ? Ma sœur me laisse seule à faire le service. Dis-lui donc de m’aider. Lc 10, 40.

« A quoi bon la prière ? », « l’essentiel n’est-il pas de venir en aide à son prochain ? », « moi à la messe j’ai l’impression de perdre mon temps ! », « un si beau jeune homme qui devient prêtre, quel gâchis ! », « si dans ce monde il y avait un peu plus de contemplatifs, la terre tournerait rond ! », « le prêtre doit être avant tout l’homme des sacrements et non un assistant-social ! » et la litanie pourrait être longue.

Jésus dans un dernier moment de liberté, à quelques heures d’être arrêté, jugé, trahi, abandonné, flagellé, crucifié… Jésus réunit les siens autour d’une même table et dans un même rituel il associe le lavement des pieds, que le Maître à genoux accompli auprès de ses disciples, et la prière d’Action de grâce qu’il adresse à son Père pour que le pain rompu et la coupe de vin deviennent les signes du don total de sa vie et de sa présence auprès des siens. « Vous ferez cela en mémoire de moi »

C’est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, comme j’ai fait pour vous. Jean 13,15


Heureux êtes-vous, pourvu que vous le mettiez en pratique. Jean 13, 17


Puis il prit du pain ; après avoir rendu grâce, il le rompit et le leur donna, en disant : « Ceci est mon corps, donné pour vous. Faites cela en mémoire de moi. Luc 22, 19

Ce que Dieu a uni en Jésus, que l’homme ne le sépare pas. Puissions nous devenir Marthe et Marie : actif et contemplatif, l’action se nourrissant de la prière et inversement. Il nous faut nourrir notre prière de la vie des hommes, du service du frère… trop de prières sont désincarnées. Il nous faut habiter, éclairer notre action de l’Évangile et de notre dialogue intime avec le Seigneur, sûrs de sa présence.

Bonne semaine à l’action, bien sur !
Abbé Bruno.

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