Culpabilité

« Pourquoi votre Eglise culpabilise tant ? » Cette question me fut adressée avec force samedi dernier alors que je rencontrais les couples se préparant au sacrement de mariage dont l’un des deux n’a pas été baptisé ou catéchisé. Comment ne pas être interpellé par cette question ? Pourquoi mon Eglise est-elle perçue comme telle ?

Pourtant Jésus n’a eu de cesse de lutter contre toutes les culpabilisations de son époque. Si tu es atteint de la lèpre ou de toute autre maladie, ce n’est pas parce que toi ou un membre de ta famille aurait péché, non. Si tu es victime de l’effondrement de la tour de Siloé ce n’est pas parce que tu aurais mal fait, et devant la femme pécheresse menacée de lapidation : « que celui qui n’a jamais péché lui lance la première pierre ». Certes Jésus lance des appels constants à la conversion mais comme un encouragement, jamais comme une condamnation : « lève-toi, va, ne pèche plus !… »

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Comment expliquer ce décalage, ce grand écart entre le message du Christ, une Bonne Nouvelle que tant de nos contemporains attendent et la manière dont l’Eglise porteuse de cet Evangile est perçue ? Comment en tant que Pasteur de ce peuple, ne pas vivre cela comme une souffrance ? Qu’est-ce qui fait que le message soit tant défiguré ?

A contrario, le pape François est accueilli comme livrant un message de vie, un message non culpabilisant. Quand des parents ne cessent de faire des recommandations à leur enfant : « Surtout ne fais pas si, ne fais pas ça… » plutôt que de l’encourager à donner  le meilleur de lui-même, ne serait-ce pas parce que la peur l’emporte sur la confiance ? Nous sommes porteurs d’une espérance incroyable : « Dieu a tant aimé ce monde qu’il lui a donné son Fils non pour le juger mais pour le sauver ». Le salut n’est pas à gagner, il est offert, de quoi avons nous peur ?

Bonne semaine à chacun.
Abbé Bruno

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1 réponse

  1. Leclercq dit :

    Le message est défiguré …peut-être parce qu’on oublie que les prêtres sont des hommes…Il peut y avoir des dérapages..Mais ce qui me semble plus grave: ce sont ces prêtres qui abusent de la confiance des enfants qui leur sont confiés…Cela existait autrefoi…On n’en parlait pas ! Un seul mot : ne pas juger, croire en la miséricorde…
    Je m’occupe de jeunes qui ont des difficultés familiales et de ce fait, des difficultés scolaires: Rien ne les booste plus qu’une parole d’encouragement…On recommence le travail qui a été loupé…et ( miracle) le jeune comprend où il s’est trompé :  » Je vais le refaire seul ! ». Marie Agnès

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