Edito n° 307 – 21 octobre 2016

A notre porte …

Les migrants … ils nous questionnent, nous interpellent, nous divisent. Ils ont choisi de quitter leur pays, souvent contraints par la misère, le régime politique, une vie sans perspective. Beaucoup traversent notre région pour gagner l’Angleterre où ils y ont déjà des connaissances ou de la parenté, ou parce qu’ils sont anglophones. Près de chez nous, 100 à 150 d’entre eux venant essentiellement de l’Afrique de l’Est (Erythrée, Soudan, Ethiopie) occupent un terrain depuis des années à Norrent-Fontes, lieu de leur échouage à proximité de l’autoroute. Deux faits marquants ces jours-ci :

* Le tribunal leur a donné le droit de rester sur ce terrain malgré l’opposition du

propriétaire et des politiques locaux.

* Une bagarre avec des passeurs s’est soldée par un mort (Soudanais) et plusieurs blessés.

Ils sont accompagnés par de nombreux bénévoles, essentiellement avec l’association « Terre d’errance ». En cette année de la miséricorde, ils nous invitent à faire œuvre de miséricorde, sans oublier bien des personnes et mêmes des jeunes à la rue aussi dans nos villes et nos bourgs.

Extrait de la déclaration des évêques de France du 13 octobre 2016

« Les catholiques, citoyens à part entière, qui vivent eux aussi ces transformations au milieu de leurs contemporains, ne peuvent se désintéresser de ce qui touche à la vie en société, la dignité et l’avenir de l’homme. Si dans la tradition judéo-chrétienne, Dieu appelle tout homme par son nom, ce n’est jamais en tant qu’individu isolé, mais c’est toujours comme membre d’un peuple et pour l’ensemble de ce peuple auquel il est renvoyé. L’espérance chrétienne n’est donc pas seulement individuelle, elle est aussi collective. »

Audience générale du pape François du 19.10.2016

« Frères et sœurs, une des conséquences de ce qu’on appelle le « bien être » est de conduire les personnes à se replier sur soi, les rendant insensibles aux besoins d’autrui. Parmi les œuvres de miséricorde se trouve le devoir de donner à manger à celui qui a faim et à boire à celui qui a soif. Il est certes important de participer aux campagnes de solidarité qui nous sont proposées. Cependant, cette forme de charité ne nous implique pas directement, comme lorsque nous rencontrons dans la rue une personne dans le besoin ou qu’un pauvre frappe à notre porte. Quelle est alors ma réaction ? Est-ce que je détourne le regard ou bien est-ce que je m’intéresse à son état et prend le temps de lui parler ? Si elle n’est pas suivie par les œuvres notre foi est morte. Alors que, chaque jour, à côté de l’abondance et du gaspillage se répète l’expérience de ceux qui ont faim, nous ne pouvons pas déléguer à d’autres : ce pauvre que je rencontre a besoin de moi, de mon aide, de ma parole et de mon engagement. »

 

Simplement, P. Bernard DENIS.

 

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