Edito n° 317 – 08 janvier 2017

Cultiver le goût des autres

Ce titre m’est inspiré par un éditorial du journal « La Croix ». C’est aussi le titre d’un film d’Agnès Jaoui sorti en 2000. Ce pourrait aussi être une invitation à savourer les diverses cuisines du monde, tout d’abord pour se mettre à l’école des migrants qui seraient heureux de partager leur savoir-faire culinaire. Pour ma part, cela m’invite à l’attention à porter à chacun car chacun n’existe qu’à partir du regard des autres, de l’attention qui leur est portée, de la bienveillance de notre accueil.

Ainsi, Geoffrey rencontré à la gare de St Omer, jeune tout juste sorti de prison, tremblant et très angoissé car réapprendre à vivre en toute liberté devient un défi. Il me raconte son histoire … passage dans 14 familles d’accueil, les foyers, la prison déjà lorsqu’il était mineur, mais aussi des parents qu’il ne connait pas, de 2 frères qu’il ne connait pas non plus même s’il a tatoué leur prénom sur ses bras. Il s’en va chez sa sœur pour une étape avant peut être de pouvoir se trouver un logement et recommencer son aventure de vie.

Ainsi, cette personne âgée du quartier qui téléphone régulièrement pour demander un renseignement banal, mais surtout pour entendre une voix lui parler.

Ainsi, de ce jeune qui déambule dans notre ville en complet désarroi, sans soutien familial, ne sachant où aller ni comment passer son temps.

Ces situations de désarroi et de solitude sont multiples. Pourtant, on ne peut construire sa vie ni faire avancer ses projets sans référence à une ou des personnes pour qui ce que nous sommes a valeur. Beaucoup, surtout des jeunes et des enfants, ont besoin d’abord de soigner leur affectif avant de mettre en œuvre tout projet de formation, de travail, de logement.

Chacun de nous peut devenir ce goût dont un autre a besoin. Nous sommes le prochain parfois nécessaire aux avancées de vie et au droit d’exister dont bien des personnes ont besoin pour tenir debout. Que 2017 fasse grandir entre nous ce goût d’existence, cette nécessaire fraternité authentique sans laquelle l’humain ne peut devenir un frère, un proche. Vivre ensemble suppose cette exigence de vie, d’attention, de mutuelle bienveillance et solidarité. Plaidons pour une année de fraternité en 2017. Ainsi chacun peut devenir le « soleil » de l’autre, des autres.

Bonne année.

 

Simplement, Bernard DENIS

feuille-paroissiale-n317

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