Édito N°444 – 27 septembre 2019

Pas de vie sans désir

J’entends trop souvent cette expression utilisée pour réduire et caricaturer la vie humaine. Par définition, l’homme est un être de désir. Sans désir, il ne peut avancer, réaliser de projet, avoir des satisfactions, savourer tout simplement. Le désir n’est pas la simple satisfaction d’un besoin ou d’une pulsion.

Réduire les débats actuels autour de la PMA et autres techniques au simple désir d’enfant à satisfaire est réducteur. Ce désir est aussi celui de construire une famille, de donner du bonheur, de transmettre la vie, de vivre pleinement le sacrement de mariage, de mettre sa vie en projet.

Des migrants parcourent de très grandes distances et prennent de gros risques pour satisfaire leur désir d’une vie meilleure, la possibilité de développer leurs compétences, ou tout simplement vivre décemment. Notre mode de vie n’est pas un privilège à préserver jalousement. Nos populations vieillissantes ont besoin d’un sang jeune et il manque bien des candidats dans de nombreux métiers. Si certains aiment à réduire les migrations aux risques de grossir le terrorisme et l’intégrisme religieux, d’autres font l’expérience de l’enrichissement de leur culture et de leur vie en osant la rencontre et le partage avec eux.

Notre société, nos médias, entretiennent la peur de l’AUTRE et brandissent l’épouvantail de l’invasion. Toute notre histoire est riche de très nombreux mouvements de population et de l’intégration d’autres populations dont les noms de familles, la spécificité de certains quartiers des mines ou de villes en sont le témoignage.Je rêve d’une vie jamais assouvie et faite de désirs : désir de rencontres, désir d’ouverture aux autres, désirs de partager et d’avoir de l’empathie face à tant d’histoires de vie cassées ou en souffrance, désir de donner sens à ma vie en en faisant une vie donnée, désir tout simplement de faire de ma vie une vie de communion … ah tiens, je crois que l’eucharistie doit être un peu cela.Désir de vivre tout simplement dans un monde divers dont je n’aurais jamais assez de temps pour en découvrir les richesses, savourer toutes les rencontres, m’enrichir de tout ce que la vie et la nature m’offrent.

Et pour finir, quel beau désir que celui de vous saluer, de rendre grâce de tous les engagements vécus par bon nombre d’entre vous, de ne pas avoir peur de laisser place aux changements, à la nouveauté, de savourer chaque rencontre comme unique … et même de découvrir que même la plus modeste porte en elle bien des richesses insoupçonnées.

 

Simplement, Bernard DENIS

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