J’avais 8 ou 9 ans…

J’avais 8, 9 ans et je partageais avec bonheur la vie dans la ferme où nous vivions, mes parents et moi, avec mes deux sœurs. La famille s’est agrandie quelques années plus tard avec l’arrivée du « petit frère ».

La viande, nous en mangions une fois par jour, le midi. Le soir c’était café au lait ou œuf à la coque, parfois du pain perdu. Humm ! que c’était bon !…

Puis, comme par enchantement, le régime alimentaire a changé, il s’est considérablement enrichi : la viande fut dans l’assiette, presque quotidiennement, deux fois par jour. L’arrivée du congélateur avait produit ce changement brutal..

Nous pouvions conserver le petit veau nourri au lait, que papa chouchoutait depuis des mois, bœuf volailles, porc… la variété des produits de la ferme trouvait place dans le nouveau garde-manger de la maison. Finis les salaisons et les bocaux de viande que grand-mère pasteurisait.

Puisque la viande était à notre portée, nous nous mîmes à en disposer largement et goulûment.

Belle petite parabole de notre manière de vivre. Puisque c’est possible, pourquoi s’en priver ?

Il en est de même de tous les progrès scientifiques, sans aucune réserve, avec avidité, nous ne pouvons accepter la moindre restriction. Puisque je peux en user, qui pourrait m’en interdire l’usage ?

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Certes, 7 milliards d’êtres humains ne pourront jamais obtenir les mêmes facilités, les mêmes droits et avantages, peu importe. Je suis né sous une bonne étoile, autant en profiter.

Comment nous aider, dans une société de l’abondance et du superflu, comment nous aider à vivre plus sobrement ? Est-ce parce que nous pouvons disposer de beaucoup que nous devons en user, jusqu’au gâchis ?

A quelques jours de Noël, il nous est bon de remettre un peu d’ordre dans notre manière de consommer, ne croyez-vous pas ? La fête, la joie, le bonheur s’alimentent-ils de cette débauche de biens ? Il faisait bon vivre à la ferme de mon enfance, ce n’est pas le steak du soir qui remplaça le câlin de papa et le câlin était sans-aucun doute plus nécessaire à ma santé. Heureusement, on n’a pas encore inventé de machines à donner les câlins, Dieu soit loué

A chacune et chacun, bonne semaine dans la sobriété.
Abbé Bruno

 

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