Maurice me téléphone

Maurice me téléphone : «une petite visite me ferait plaisir ».

Je ne suis pas le bon Dieu, je n’ai pas de baguette magique, hélas. J’aimerais tant !

Le parkinson, une grande déprime, le vieil âge qui pointe à l’horizon, l’ennui, la solitude, l’impression d’être inutile. Une épouse, aimante, toujours présente, une fille (enfant soleil, avec un chromosome mal fagoté), remplie de joie et de bonheur. Il y a de l’amour, on se frotte un peu, beaucoup. Quelquefois on s’agace, on se blesse, on se pardonne. C’est la vie quoi ! Avec la générosité, l’égoïsme, et le bonheur dans le pré que les ronces parfois viennent envahir.

Messe mensuelle à la Maison de retraite, au sortir je rencontre Isabelle et Claire, bras dessus, bras dessous. Claire : « je suis révoltée, mes enfants mettent en vente la maison sans m’en parler, elle est vendue, le 18 du mois je ne serai plus propriétaire, pourtant je pense que je pourrai encore m’assumer ».  Isabelle : « je n’ai qu’une fille, elle habite Paris, elle vient tous les 36 du mois et encore, c’est pour tendre la main, aucune affection. Vous savez, nous ce qu’on demande c’est simplement un peu de tendresse ».

Senior lady and her granddaughter

Maurice déprimé, dans sa maison ; Claire et Isabelle revendiquant de ne pas compter pour rien dans la maison de retraite, chacun me dit le bonheur qu’il a de lire mes petites lignes hebdomadaires.

Bon, je n’ai pas de baguette magique, j’ai une plume, ou plutôt un clavier. Si j’apporte un peu de réconfort et d’espérance, si en partageant ma foi et ma vie de prêtre je fais reculer l’horizon, je souffle un peu d’oxygène, finalement c’est simple et modeste et cela peut enchanter la vie.

Pour que ce petit mot parvienne il faut « des petites mains », des facteurs amateurs et bénévoles, merci à chacune et chacun.

La vie est utile jusqu’à son dernier souffle. Canne, tremblements, déambulateur, perfusion… affectent nos potentialités et la carapace d’un corps meurtri. L’amour est là, l’Esprit est présence, la tendresse, la main qui caresse, les mains qui se serrent, le bisou sur le front, la parole qui encourage et apaise…

Des petits riens qui disent ô combien nous comptons les uns pour les autres.

Sachez mes aînés que vous êtes les fidèles pour qui je prie à chaque Eucharistie, certes votre chaise est vide, vous regardez la messe devant le petit écran mais nous sommes bien de la même communauté, nous ne vous oublions pas !

Allez bonne semaine à tous !

Bonne semaine à Toi Maurice, à vous Isabelle et Claire.

On vous aime.

Abbé Bruno

 

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