Proverbe chinois

« Le museau du lapin est trop petit pour porter un mors de cheval », j’aime ce proverbe africain. En France nous pourrions traduire que « ce n’est pas en tirant sur le poireau qu’on le fait pousser plus vite ».

Ces proverbes sous-entendent la patience et le respect de chacun pour ce qu’il est : son âge, ses capacités de compréhension, son passé, son environnement etc.

En Église nous pensons trop souvent que chacun est tombé « dans la marmite de la foi  chrétienne » dés sa naissance. Qu’évidemment, faisant partie de la famille, il ou elle a déjà engrangé notre patrimoine commun. La foi nécessite une initiation. Au cours de nos eucharisties, avons-nous conscience qu’il n’est pas rare que l’un ou l’autre enfant mais peut-être aussi adulte entre pour la première fois dans une église, découvre le bâtiment, le rituel ? Tout lui semble étrange….

Bon nombre de conjoints au cours d’un mariage, ou de leur propre mariage, parce que non baptisés, non-catéchisés, sont dans ce cas. Je peux ainsi multiplier les exemples. Or trop souvent, nous faisons fi de cela, pensant qu’il va de soi que chacun est en situation pour comprendre ce qui se passe, pour entrer dans « le mystère de la foi ».

Evangéliser est, et sera, plus que jamais, marcher, accompagner, à petits pas toutes les bonnes volontés en prenant la patience et le temps nécessaire pour initier, permettre la rencontre, non avec une culture, des rites, un code de droit canon, mais avec une personne, bien vivante : Jésus, Christ et Seigneur.

Nous devons tous devenir pour d’autres, quelque soit notre âge : des passeurs, des aînés dans la foi, nous efforçant d’accompagner dans la durée. Certes, nous sommes à l’époque de l’instantané, du consommable et du jetable : « tu m’intéresses aujourd’hui, demain est un autre jour ». Evangéliser suppose une histoire commune, une relation patiente, gratuite, sans préjugés, s’accommodant souvent de situations déroutantes… Nos contemporains ne feront jamais le pas d’un CDD à un CDI avec le Seigneur s’ils ne rencontrent en nous ces passionnés de l’homme, ces passionnés de Dieu.

Puissions-nous le devenir tous ensemble !

Bonne semaine !
Abbé Bruno

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