Notre 1ère « Interview »… Coup de projecteur sur l’abbé Bernard DENIS

Avec les jeunes de la paroisse qui le souhaitent, nous avons lancé un nouveau concept : les « interviews-témoignages ». Nous nous retrouvons une fois par mois, chaque premier samedi matin de 9h à 12h pour ceux qui peuvent (exceptionnellement en juin, ce sera le 10 juin). Nous prenons un petit-déjeuner ensemble à la cité paroissiale ou au presbytère pendant lequel nous réfléchissons aux questions que nous allons poser au témoin du jour : Qu’est-ce qu’on sait de lui ? A quoi on s’attend ? Vient le temps du témoignage sous forme de questions-réponses. Puis nous préparons l’article que nous allons publier sur le site internet de la paroisse. C’est l’occasion d’échanger sur ce qui nous a étonné ou marqué, ce qu’on a appris.

Pour notre première, le 6 mai, quoi de plus naturel que d’interviewer l’abbé Bernard DENIS. Coup de projecteur…


Bonjour mon père pour ce témoignage, nous vous avons demandé d’apporter un objet et une prière. Qu’avez-vous choisi ?

Interview de l'Abbé Bernard

Ce Samedi 6 mai, l’Abbé Bernard a accepté de nous parler de lui.

Mon objet : cette croix en bois… Elle a été faite à la main par des personnes détenues. J’en ai deux. On peut enlever le pied pour l’emmener partout. Mais le plus important est caché en dessous…
Ils ont tous signé…

Ma prière : plutôt un passage de la Bible… la Lettre de Saint-Paul aux Philippiens 2, 6-11 :
« Le Christ Jésus, lui qui était dans la condition de Dieu, n’a pas jugé bon de revendiquer son droit d’être traité à l’égal de Dieu; mais au contraire, il se dépouilla lui-même en prenant la condition de serviteur. Devenu semblable aux hommes et reconnu comme un homme à son comportement, il s’est abaissé lui-même en devenant obéissant jusqu’à mourir, et à mourir sur une croix. C’est pourquoi Dieu l’a élevé au-dessus de tout: il lui a conféré le Nom qui surpasse tous les noms, afin qu’au Nom de Jésus, aux cieux, sur terre et dans l’abîme, tout être vivant tombe à genoux, et que toute langue proclame: «Jésus Christ est le Seigneur», pour la gloire de Dieu le Père. »

Pouvez-vous nous parler de vos origines, de votre jeunesse ?

Je suis né à Linghem en 1953 dans un milieu agricole. Je venais avec mon père au marché, il était correspondant dans des revues agricoles. J’étais au collège à Béthune mais comme je ne travaillais pas très bien je suis revenu à Sainte Marie où j’ai passé un bac agricole. J‘ai deux sœurs plus jeunes. De notre temps nous passions les week-ends et les vacances à travailler à la ferme. Ma famille était très croyante ; on allait à la messe tous les dimanches : j’ai eu un parcours « classique ».

Qu’est ce qui vous a donné envie de devenir prêtre ?

C’est venu naturellement et bizarrement. J’ai toujours baigné dedans ma mère était fille unique donc j’étais proche de mes cousins prêtres.  Chaque 14 juillet, on faisait une cousinade. Mes parents me disaient « tu seras censier ». A l’école c’est Francis Mametz qui m’a demandé « qu’est ce que tu veux faire plus tard ? » et je lui ai répondu « prêtre ». Sans réfléchir. Après coup je me suis demandé ce que j’avais dit. J’ai subi des moqueries pour avoir fait ce choix mais je passais au dessus. J’ai vécu des choses tellement différentes que ça ne m’a pas marqué, c’est des amis de l’époque qui me l’ont dit. C’était dans les années 68 mes parents n’étaient pas forcément heureux de ce choix. Je suis parti au séminaire à Lille après mon bac à 19 ans.

Quelle formation faut-il suivre pour être prêtre ?

Apres 1 an de séminaire j’ai fait un stage salarié de 2 ans et j’ai repris le séminaire pendant 6 ans. A l’époque c’était une formation de 3 périodes de 2 ans avec une part pratique de plus en plus importante. Jean Paul Jaeger était mon prof de philo au séminaire et Noël Bernard mon curé à Berles au bois ! J J’ai été ordonné prêtre le 30 mai 1981 a Arras.

Est-ce que vous considérez que c’est un métier ?

Aussi dans la mesure où on a des tâches à réaliser, il y a une espèce de « contrat ». Mais ça n’est pas le plus facile à vivre ni là où j’ai le plus d’aisance. C’est aussi un engagement social. Pour moi l’objectif c’est VED « Vivre Ensemble nos Différences ».

Quelles qualités faut-il pour être prêtre ?

Passionné. Il faut aimer les gens. L’abbé Pierre Chevaucherie me disait « Qu’est-ce qui te passionne de la vie des gens ? ». Il m’a permis d’être comme ça.
J’ai aussi la passion de la musique. Je jouais de l’harmonium.

Quelles joies, quelles difficultés rencontrez-vous ?

Tous les prêtres sont différents, quand on arrive quelque part, les gens attendent qu’on « remplace ». Ca ne marche pas comme ça ! Mais ça peut être une chance, je suis plus sensible à des gens avec qui mon prédécesseur était moins proche. Il est resté 17 ans.
Ma joie : pouvoir faire que des gens avancent ! On les prend avec ce qu’ils sont. C’est aussi ce que je fais en prison. C’est un cadeau cette confiance que les gens nous donnent en parlant de ce qu’ils vivent. C’est « Emmaüs » : pouvoir parler à quelqu’un, lui dire sa misère…

Est-ce que vous vous lassez de ce « métier » ?

Non pas du tout ! Mais il y a des moments plus fatigants. Je suis un hyper-sensible, des fois je monte au créneau… Le prêtre n’est pas qu’un exécutant. Je souhaite qu’on respecte la liturgie.

Qu’est ce que vous aimez le plus et le moins dans ce « métier » ?

LE PLUS : la rencontre des gens. Les pauvres, ça n’existe pas même les pauvres ont une richesse. Même les malades, les handicapés. Ma vie est riche de tout ça. Même le décès de Yanis m’a permis de belles rencontres.
LE MOINS : les contraintes liées à la fonction. La calomnie. Le manque de parties privées au presbytère… et encore plus à mon âge ! 😉
L’évangélisation, c’est une démarche d’humilité. C’est Dieu qui rejoint le cœur des hommes. Nous on les aide à ouvrir leur cœur. La messe c’est pas du bling bling !

Je voudrais permettre à chacun d’être soi-même dans ses responsabilités. Faire bouger les choses…
Merci beaucoup pour ce partage. A bientôt !

PS: Et surtout, n’hésitez pas à nous rejoindre le samedi 10 juin à 9h au presbytère!!
     Plus on est de fous, moins il y a de riz mais plus on rit!!  😉

Vous aimerez aussi...

1 réponse

  1. C&B dit :

    Merci pour ce partage! A bientôt

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *