Rencontre avec Bruno Mordacq, diacre.

Le 10 juin, pour notre nouvelle interview, nous avons choisi de rencontrer un des deux diacres de la paroisse : Bruno Mordacq.

C’est une idée que nous avons lancée avec des jeunes de la paroisse : des « interviews-témoignages ». Pendant l’année scolaire nous nous retrouvons  une fois par mois, généralement le premier samedi matin du mois de 9h à 12h pour ceux qui peuvent. Nous prenons un petit-déjeuner ensemble à la cité paroissiale ou au presbytère pendant lequel nous réfléchissons aux questions que nous allons poser au témoin du jour : Qu’est-ce qu’on sait de lui ? A quoi on s’attend ? Vient le temps du témoignage sous forme de questions-réponses. Puis nous préparons l’article que nous allons publier sur le site internet de la paroisse. C’est l’occasion d’échanger sur ce qui nous a étonné ou marqué, ce qu’on a appris.

Exceptionnellement en juillet, ce sera le mercredi 12 juillet à 18h15. Nous rencontrerons deux scouts irlandais de 18 et 19 ans, Paul et Marc, en vacances dans notre région, et nous dînerons ensemble. Vous avez entre 12 et 21 ans, rejoignez-nous! (Renseignements : 06/67/18/95/32)

Et maintenant Coup de projecteur sur Bruno Mordacq…


Bonjour. Pour ce témoignage, nous vous avons demandé d’apporter un objet et une prière. Qu’avez-vous choisi ?

Bonjour ! Mon objet : évidemment un appareil photo !!! Un appareil photo numérique… (NDLR : numérique malgré les apparences !). Il est entièrement manuel, il fait de belles photos. Photographe, pour moi, c’est plus qu’un métier… Depuis l’âge de 8 ans je voulais en faire mon métier. Une photo réussie peut amener beaucoup de plaisir et de joie… Elle peut aussi aider au partage ! C’est un moyen de rencontre…

Et ma prière : une prière attribuée à Saint François d’Assise. Elle parle de la vie humaine : tristesse, doute, désespoir. Et la vie que l’on reçoit et qui est à transmettre. Car la vie n’est pas facile, mais le Seigneur est un ami, il est toujours à nos côtés même si parfois on a l’impression qu’il ne nous aide pas beaucoup… on peut lui partager nos joies et nos peines… Il est toujours là. Aujourd’hui aussi. « Quand vous serez réunis à 2 ou 3 en mon nom, je serai là au milieu de vous. » Jésus parle à ses disciples aujourd’hui, là où on veut l’entendre.

« Seigneur, fais de moi un instrument de ta paix,
Là où est la haine, que je mette l’amour.
Là où est l’offense, que je mette le pardon.
Là où est la discorde, que je mette l’union.
Là où est l’erreur, que je mette la vérité.
Là où est le doute, que je mette la foi.
Là où est le désespoir, que je mette l’espérance.
Là où sont les ténèbres, que je mette la lumière.
Là où est la tristesse, que je mette la joie.

Car c’est en se donnant qu’on reçoit,
c’est en s’oubliant qu’on se retrouve,
c’est en pardonnant qu’on est pardonné,
c’est en mourant qu’on ressuscite à l’éternelle vie. »

Merci Bruno, pouvez-vous vous présenter, quelles sont vos origines ?

Je suis né à Blaringhem, (Nord) J’ai 65 ans. Je suis marié à Michelle depuis bientôt 43 ans Nous nous sommes rencontrés en classe de 4ème… Nous avons 4 enfants et 8 petits enfants… J’ai fait des études de photo à Paris après la classe de 3ème. Mes parents voulaient que je sois logé et entouré correctement pour étudier, ils sont allés voir l’abbé Millot, directeur du Collège Sainte-Marie… J’ai intégré un foyer de jeunes travailleurs, tenu par des Lazaristes… Si je n’avais pas rencontré Michelle je serai sûrement moine aujourd’hui…

Comment êtes-vous devenu diacre ? Depuis quand ?

J’ai été ordonné en 2001, à 49 ans… ça a été un chemin, je n’ai pas dit « oui » tout de suite. Je suis allé en tant que photographe à des ordinations de Diacres… L’évêque impose les mains, c’est la foi qui se traduit de génération en génération. Je me suis alors dit « pourquoi pas… ». Et quand on est venu nous le demander, nous avons accepté de réfléchir. Ça a pris du temps… Nous avons fait 2 fois une année « zéro » avant de commencer la formation.

Pourquoi dites-vous toujours « nous » ?

Je dis « nous » parce que devenir diacre, c’est une histoire de couple. D’ailleurs, l’épouse fait la formation en même temps.
Un diacre qui perd sa femme ne peut pas se remarier.

A ce propos, quel est le parcours pour devenir diacre ?

Il se compose de 7 années de formation où on étudie la Bible. C’était parfois ardu… Déjà jeune, je n’étais pas très scolaire ! Il y a des diacres pour qui c’est plus facile. Nous arrivions souvent le dimanche en formation lorsque j’avais fini de travailler alors que la formation commençait le samedi. Nous prenions le train en marche. J’ai finalement été ordonné par Monseigneur Jean Paul Jaeger en mars 2001 à la Collégiale d’Aire sur la lys, dans ma communauté, mon cadre de vie. Je suis arrivé avec ma vie, et des objets la représentant que j’avais amené, c’était bien. L’Église c’est un tout, chacun amène sa pierre. A l’époque j’étais président de l’union commerciale. Des objets ornaient l’autel représentant cette vie. Aujourd’hui, c’est un peu différent, les ordinations ont lieu à Arras, et il y a 3-4 ordinations en même temps.

Comment se passe la vie de diacre tous les jours ?

L’année de mon ordination a vu l’arrivée du numérique… Beaucoup de changements dans la vie professionnelle… Il a fallu se remettre en cause… cela n’a pas été toujours facile. Je célèbre de nombreux baptêmes, c’est beaucoup de bonheur. Je fais aussi partie d’une équipe de funérailles. On rejoint les gens dans leur vie ! Je ne célèbre pas beaucoup de mariages, je suis plus souvent à l’Église en tant que photographe…

Qu’est ce que vous aimez le plus ou le moins dans cet engagement ?

Je suis heureux d’être diacre même si ce n’est pas toujours facile… Ça prend pas mal de temps… il faut être bien organisé. Mais c’est également beaucoup de bonheur… Rencontrer le Christ à travers les autres. Il se passe tellement de belles choses dans le cœur… Notre vie d’homme vaut le coup, malgré les difficultés… les souffrances. La rencontre avec le Seigneur nous pousse à aller de l’avant ! Le diacre est le signe qu’on peut être serviteur les uns pour les autres. J’aime ce mot « Service ». On ne peut pas vivre chacun chez soi dans son petit confort… Il faut s’ouvrir au monde.

Est-ce que vous vous lassez de cet engagement ? 

On ne se lasse pas. Avec les autres et la prière, on est toujours relancé par le Seigneur… Il nous aide à rester en chemin, à aller à la rencontre de l’autre…. Un diacre n’est pas meilleur que les autres. Il a accepté un jour d’être signe… humblement… L’homme a besoin de ces signes.

Mais alors Bruno ? Vous devriez mettre plus souvent votre aube ? Les gens ne regardent pas Bruno mais le diacre.

(Sourires…) C’est vrai Oui tu as raison j’ai parfois du mal à endosser cet habit… J’aime me sentir comme tout le monde, je fuis un peu aussi les grands messes…

Merci Bruno pour ce témoignage ! 😉

Très heureux d’avoir partagé ce temps avec vous les jeunes… Merci pour cette invitation…

A vous Les jeunes… Vous êtes l’avenir de l’Église. Vous êtes notre avenir…

Osez…

Prochain rendez-vous : mercredi 12 juillet à 18h15. Nous rencontrerons deux scouts irlandais de 18 et 19 ans, Paul et Marc, en vacances dans notre région.

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