Maman

Il est heureux qu’une fois par an, nous te fêtions. Tu nous as façonnés, certes durant 9 mois mais aussi pendant tant et tant d’années, au point que 58 ans plus tard et jusqu’à ton dernier souffle nous resterons ton enfant sur qui tu ne cesses de porter un regard protecteur et de prodiguer tes conseils : « Couvre-toi bien, tu vas attraper ce qu’il ne faut pas ! », « Es-tu sûr de ne rien avoir oublié ? », « As-tu été voir ton frère ? », « A quelle heure es tu rentré hier soir ? ».
 
Il y a quelques semaines nous célébrions les funérailles de Françoise, sa fille lui faisait un hommage émouvant et vibrant commençant par : « Maman, tu étais la plus jolie de toutes les mamans » et je poursuivais en disant que toutes nos mamans sont « la plus jolie de toutes les mamans ». Evidemment, c’est le regard d’amour que nous portons sur elle qui donne cette beauté particulière et à nulle autre pareille. Oui tu es belle maman ! Tu l’étais en pleine jeunesse quand tu partais, fichu sur la tête et tabouret à la main, traire les vaches en pleine pâture, tu l’étais quand pour la première fois tu tenais dans tes bras Alexandre ton premier petit-fils, tu l’étais plus que tout le jour de mon ordination où ton regard brillant laissait transparaître la joie profonde qui t’habitée. Tu l’étais surtout lorsque ton attention se portait sur papa, « ton homme », parti trop tôt. Cette beauté t’habite toujours, malgré l’âge et son handicap, malgré les rides et la démarche parfois vacillante. Je me souviens de ces moments de fierté profonde et souvent répétés où mes amis qui te découvraient pour la première fois me disaient : « Qu’est-ce qu’elle est jeune ta maman ! ».
 
Seigneur, ce regard fut sans-doute aussi le tien. Tu devais la trouver superbement belle, ta maman tout au long de ces années où proche de Marie et de Joseph tu apprenais ton métier d’homme et de charpentier jusqu’au jour où, son coeur transpercé, elle t’accompagnait jusqu’au lieu du supplice. Et pourtant tu ne l’as pas ménagée, souviens-toi de Cana : « femme mon heure n’est pas encore venue », mais aussi de ce jour où tu renvoyais ceux qui te disaient qu’elle te cherchait : « Ma mère, mes frères, ce sont ceux qui écoutent la Parole et la mettent en pratique ».
 
Alors maman, pardon pour toutes les fois où je te fais comprendre que tu m’agaces, que tu es pénible avec tes questions et si cela arrive trop souvent, accorde-moi au moins une fois par an, de t’offrir le plus beau des : « Merci maman ! »
 
Bonne semaine et bonne fête à toutes les mamans ! .
Abbé Bruno.

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